Transmettre un bien situé au Maroc
C'est le sujet sur lequel les certitudes sont les plus fausses. Beaucoup de gens pensent avoir réglé leur succession marocaine alors qu'ils n'ont rien réglé du tout.
Mis à jour le 11 août 2026 · sources officielles consultées le 11 août 2026

Pour un bien immobilier situé au Maroc, deux questions se distinguent. La première, qui hérite et dans quelles proportions, relève d'une loi désignée par le droit international privé marocain. La seconde, comment le titre change de mains, relève entièrement du droit marocain : acte, enregistrement, inscription à la conservation foncière. Les deux se superposent, elles ne s'opposent pas.
Les deux pages de cette rubrique
- La successionLa loi applicable selon la nationalité du défunt, l'acte d'hérédité, et l'inopposabilité du règlement européen
- La donation entre vifsLe taux réduit d'enregistrement, le cercle familial concerné, et la forme obligatoire
L'idée à retenir avant tout le reste
Le règlement retient la résidence habituelle du défunt comme critère de rattachement, et permet à une personne de choisir sa loi nationale pour régir l'ensemble de sa succession.
C'est un instrument de droit de l'Union européenne : il lie les juridictions des États membres participants, et non les autorités marocaines.
Une clause de choix de loi insérée dans un testament européen n'est donc pas opposable au juge marocain ni à la conservation foncière pour un immeuble situé au Maroc.
Le risque concret est celui-ci : quelqu'un rédige un testament dans son pays de résidence, y insère une clause de choix de loi, considère la question close, et laisse à ses héritiers une succession marocaine entièrement ouverte. Voir la succession.
Une bonne nouvelle, tout de même
Le Maroc ne pratique pas d'impôt sur les successions comparable aux droits de succession français.
En ligne directe, entre conjoint, ascendants et descendants, l'exonération de droits de mutation par décès est de principe.
Restent dus des frais, et non un impôt successoral : droits d'enregistrement sur l'acte de partage, taxe de conservation foncière pour l'inscription, honoraires du rédacteur.

Questions fréquentes
Le Maroc taxe-t-il les successions ?
Il ne pratique pas d'impôt successoral comparable aux droits de succession français, et l'exonération de mutation par décès en ligne directe est de principe. Ce qui reste dû relève des droits d'enregistrement, des frais de conservation foncière et des honoraires.
Un testament français règle-t-il la succession d'un bien marocain ?
Pas à lui seul. Le règlement européen sur les successions internationales n'est pas opposable aux autorités marocaines pour un immeuble situé au Maroc.
Faut-il faire un testament au Maroc ?
C'est une question à poser à un notaire marocain, parce que la réponse dépend de la nationalité du défunt et de la loi qui régira sa succession. Ce site ne peut pas trancher un cas particulier.
La donation est-elle une solution ?
C'est en pratique l'outil le plus utilisé quand la dévolution légale ne correspond pas à la volonté du propriétaire. Voir la donation.
Les héritiers pourront-ils faire sortir l'argent du Maroc ?
L'article 171 de l'Instruction générale des opérations de change vise expressément le produit de cession issu de la dévolution successorale parmi les transferts garantis, sous la même condition de financement en devises de l'investissement d'origine.
Combien de temps prend un règlement de succession au Maroc ?
Ce site ne publie pas de délai : il dépend entièrement de la situation du bien, du nombre d'héritiers et de leur accord. Un bien titré et une famille d'accord n'ont rien à voir avec une melkia en indivision depuis deux générations.
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